Sécurité alimentaire : la méthode HACCP, un enjeu crucial en Guinée et en Afrique de l’Ouest
Dans les marchés, les restaurants de quartier, les cantines scolaires ou les hôtels, la question de la sécurité alimentaire concerne tout le monde. En Guinée comme dans l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, les maladies liées à l’alimentation restent fréquentes, souvent silencieuses, mais aux conséquences parfois graves. Face à cette réalité, une méthode internationale gagne progressivement du terrain : la méthode HACCP.
Une méthode pour prévenir plutôt que guérir
HACCP signifie Hazard Analysis Critical Control Point, ou analyse des dangers et maîtrise des points critiques. Concrètement, il s’agit d’identifier à l’avance les risques qui peuvent rendre un aliment dangereux — bactéries, produits chimiques, corps étrangers — et de mettre en place des contrôles simples pour les éviter.
Contrairement aux anciennes pratiques qui se limitaient à vérifier les aliments une fois préparés, l’HACCP agit tout au long de la chaîne alimentaire, depuis l’achat des matières premières jusqu’au service au consommateur.
Une réalité encore contrastée sur le terrain
En Guinée et dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, la mise en œuvre de l’HACCP reste un défi. Le secteur alimentaire est largement dominé par l’informel, avec des contraintes bien connues : accès limité à l’eau potable, ruptures de la chaîne du froid, manque de formation du personnel et faibles moyens de contrôle.
Pourtant, de nombreux professionnels commencent à adopter certains principes de l’HACCP, parfois sans le savoir : lavage régulier des mains, séparation des aliments crus et cuits, contrôle visuel de la fraîcheur ou nettoyage quotidien des équipements.
Un outil de professionnalisation pour les acteurs du secteur
Pour les restaurateurs, les transformateurs locaux et les artisans alimentaires, la méthode HACCP représente une opportunité. Elle permet d’améliorer la qualité des produits, de réduire les pertes et surtout de gagner la confiance des clients.
Dans les hôtels, les restaurants modernes et les entreprises de restauration collective, l’HACCP devient même un critère de crédibilité, notamment pour travailler avec des institutions, des ONG ou des partenaires internationaux.
Un enjeu de gestion pour les employeurs
Pour les responsables d’établissements, l’HACCP n’est pas seulement une exigence sanitaire, mais aussi un outil de gestion. En structurant le travail, en formant le personnel et en assurant un minimum de traçabilité, les employeurs réduisent les risques d’incidents sanitaires et protègent la réputation de leur entreprise.
Dans un contexte où une intoxication alimentaire peut rapidement faire le tour des réseaux sociaux, la prévention devient un investissement stratégique.
Le consommateur au cœur du dispositif
Même s’il ne connaît pas toujours le terme HACCP, le consommateur en bénéficie directement. Des aliments mieux conservés, des plats plus sûrs et une hygiène visible renforcent la confiance et protègent la santé des familles.
La généralisation des principes HACCP contribue ainsi à améliorer la santé publique, en particulier dans les zones urbaines où la consommation de repas hors domicile est en forte augmentation.
Vers une adoption progressive et adaptée
La méthode HACCP ne doit pas être perçue comme une contrainte importée, mais comme un outil adaptable aux réalités locales. Des formations pratiques, des règles simples et un accompagnement des acteurs du secteur peuvent permettre une adoption progressive, efficace et durable.
En Guinée et en Afrique de l’Ouest, l’HACCP apparaît de plus en plus comme une réponse concrète à un problème quotidien : manger sainement, en toute sécurité.
